Day 28 : The Lost Children

image
Arrivée à l’aéroport en bus local, comme une pro, enregistrement & passage de la sécurité tout c’est fait rapidement. La porte d’embarquement a été changée, cela arrive souvent pour les vols domestiques, mais l’application Delta envoie une notification quand c’est le cas, idem pour prévenir du début de l’embarquement et ce en temps réel et c’est bien pratique. Un vol de San Francisco à Atlanta, rien de plus banal, mais rien ne me préparait à la conversation que j’allais avoir avec Amy ma voisine.

Tout a commencé par l’intérêt que j’ai porté au patchwork en tissu dont elle décorait son short en jean. Elle m’a donc dit qu’elle enseignait les arts créatifs dans des centres pour jeunes filles… [J’étais en train de me dire dans ma tête ceci explique donc cela au moment où elle a rajouté] … victimes du trafic d’êtres humains à but sexuel. WHAT??? De quoi me parle-t-elle là? Je comprends les mots mais tous associés dans la même phrase, c’est plus que surréel. Entendre la même phrase aux informations et de la bouche de la personne à 10 cm de soi, qui est en relation au quotidien à des victimes, est plus que choquant. Tout de suite, on réalise que c’est une réalité bien plus proche que ce que l’on croit. Dans ce monde, à toutes les époques, des gens sans scrupules rodent, tels des prédateurs, à la recherche d’enfants ou autres personnes vulnérables à exploiter. Amy, présidente de
armofcare.net et son équipe sont là pour aider ces enfants à se reconstruire de l’intérieur à travers l’art créatif (décoration de jeans, peinture,…), la musique, la danse, les interactions sociales (aller voir des spectacles, des matchs,…). Avec l’essor d’Internet, qui sert d’outil de recrutement et de vente, c’est un phénomène grandissant aux États-Unis et les enfants exploités sont pour 80% d’entre eux américains, vendus par les propres membres de leurs familles (mères, grand-mères,…) dans le besoin. Les victimes sont pour la plupart âgés de 11-15 ans, âge où les adolescents sont à la fois vulnérables et influençables. La meilleur arme est la prévention en éduquant : les enfants dès le plus jeune âge, les parents, les hôteliers, les voisins, les personnels d’aéroport,… pouvant être amenés à être en contact avec ce genre d’activités et en reconnaître les signes pour mieux les signaler et sauver des vies. Son organisation qui n’a que 4 ans, s’occupe de 200 filles dans le nord de la Califonie uniquement. Heureusement et malheureusement, selon Amy, il y a 4 ans, il y avait environ 50 organisations de ce type, maintenant elles sont plus de 1500 à travers le pays. Beaucoup de bonté mais surtout d’amour émanaient de cette femme extraordinaire investie d’une mission malgré toutes les menaces dont elle est la cible au quotidien.

Les voyages c’est aussi ouvrir les yeux sur le monde et ses problèmes. Je me disais bien que les rues des grandes villes américaines étaient anormalement sûres. Les réseaux se sont reconvertis et sont passés à des activités comme celles-ci ou la contrefaçon biens plus lucratives mais surtout moins faciles à détecter et donc à démanteler.

Dans un registre plus léger cette fois, l’application Delta localise aussi les bagages. C’est bien utile pour les vols domestiques tellement ils sont nombreux. Autre chose frappante à Atlanta ou San Francisco, l’endroit où on récupère les bagages est accessible à tout le monde. C’est assez déconcertant.

Gain de miles Flying Blue du jour : +1800

Day 27 : l’envers de Uber

Au revoir Berkeley, bonjour South San Francisco. Encore une fois, j’ai utilisé Uber mais là Rabin, chauffeur depuis 2 ans, m’a ouvert les yeux sur la réalité de son métier.

En recherche d’emploi, afin de subvenir à ses besoins, il est chauffeur à temps plein. Son quotidien : des journées de 13 heures 6 jours sur 7. Je pensais qune les chauffeurs choisissaient leurs courses mais ce n’est pas le cas c’est l’application qui fait la sélection en fonction de la voiture la plus proche même si cela implique 8 min de trajet comme cela fut le cas. De plus, avant de prendre en charge le client, il semblerait que le chauffeur ne sache pas la destination finale. La partie prise en charge se fait à l’aveugle et aux frais du chauffeur. La course entre Berkeley et l’aéroport payé 17,14 $ ayant duré 57 min à cause des embouteillages, du temps passé, du péage de 4 $ à sa charge aussi, de la commission prélevée, ne lui rapporte quasiment rien. De plus à San Francisco, à cause des nombreuses collines, il doit faire réviser sa voiture en temps et en heure, changer huile et freins régulièrement ce qui augmente ses coûts de fonctionnement. De plus, plus la course est loin, plus il y a de chance de faire un retour à vide donc perdre le bénéfice fait à l’aller. Pour lui, même s’il arrive à payer son loyer, les conditions sont difficiles comparées à tous les autres chauffeurs rencontrés jusqu’à maintenant qui font ce travail pour un complément de revenus. Uber n’étant pas une compagnie de taxi, les chauffeurs n’ont pas de couverture sociale offerte, l’assurance auto et tous les autres frais et risques restent donc à sa charge. C’est l’envers du décor que je ne soupçonnais pas où Uber, qui a eut l’idée de lancer une telle plateforme, et le client qui paie moins cher comparé à une course classique sont gagnants. On est finalement sur une relation Win Win Lose. Même si Uber offre des courses de moins en moins chers pour le client, rognant ainsi la marge des chauffeurs, ces derniers n’ont aucun moyen de pression.

imageimageimageHier, je me disais que cela devait être cher d’habiter ici, en feuilletant le quotidien local, j’ai eu la réponse à ma question. Le loyer d’un appartement 2 chambres à San Francisco : 2960$/mois (35520$/an!?!), il faut un sacré salaire pour faire face à une telle charge sachant que les essentiels comme la nourriture, les vêtements pour 4 saisons, le transport,… ne sont pas encore couverts. C’est une super ville mais je ne me vois pas mettre autant dans un loyer.

imageAujourd’hui encore, envie d’un endroit sans touristes. Seule alternative, prendre un bus local direction un mall voisin. Il y avait un magasin nommé “Ichiban kan”.

imageDans le style des magasins où tout est à 100 yens au Japon, que j’adore visiter, il y a pleins d’articles peu communs. Encore une journée de repos bien méritée.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 5325

Day 26 : comme une Franciscanaise

Une journée simple, sans stresse ni précipitation, c’est tout ce dont j’avais envie dans la ville de Bruce Lee, du jean’s Levi’s.

Cela avait un peu mal commencé niveau stresse car la femme de ménage mettait la pression, pour quitter la chambre avant 11h en faisant des allées et venues incessants devant la porte de la chambre avec son chariot alors qu’il n’y a que… 4 chambres sur la rangée où j’étais.

Une fois l’hôtel quitté, la destination choisie fut celle du restaurant Angeline’s kitchen cuisine avec les spécialités de la Nouvelle-Orléans repéré la veille. Eux aussi étant créoles, j’avais envie de goûter à cette cuisine pour savoir si elle ressemblait à la cuisine Antillaise. Et bien,… c’est à découvrir dans choc gastronomique.

imagePour passer la journée comme une locale, le plus simplement possible, rien de tel qu’une balade sur le Golden Gate Bridge, ce pont couleur orange international mythique, emblème de la ville. N’ayant pas pu faire la balade que je voulais sur le Brooklyn Bridge de New York, ce pont mythique de la côte ouest cette fois-ci était le choix idéal.
Long de plus de 2,5 km, quand on prend en compte la période où ce pont suspendu a été achevé, 1937, il s’agit là d’une vraie prouesse technique pour l’époque.

imageLes États-Unis ont vraiment toujours une longueur d’avance niveau technologie couplée à l’envie de toujours réaliser des ouvrages exceptionnels.

imageBeaucoup de monde s’y balade à pieds ou à vélo et je comprends pourquoi. C’est vraiment très agréable avec la vue sur San Francisco, l’air marin, tellement agréable que j’ai fait l’aller-retour. Voir aussi les hélicoptères passer sous le pont avec un angle d’approche vertigineux est impressionnant, idem pour les porte-conteneurs immenses.

imageMaintenant quand mes conteneurs passeront par San Francisco, j’aurai une idée claire du trajet.

imageimage
De retour sur la terre ferme, utilisation du bus local en mode immersion comme une Franciscanaise pour aller au centre ville avec ses collines, ses maisons en pente via la version moderne du cable car.image

Je me suis sentie bien aussi dans cette ville qui respire la liberté. San Francisco est connue pour la Silicone Valley, l’émancipation des “minorités”, ce que je ne savais pas, c’est que cette ville est aussi un refuge pour les sans-papiers. Mon impression aussi, c’est que cela doit être extrêmement cher d’y vivre.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 500

Day 25 : je fais partie de l’élite, et vous qu’attendez-vous?

L’adrénaline étant retombée, le réveil fut difficile pour prendre l’avion ce matin à 9h. Heureusement que l’horloge interne existe car j’ai ouvert les yeux un peu avant 6h, juste le temps de me préparer, ma valise étant faite depuis hier et programmer une course Uber. Direction LAX Terminal 5.

Aujourd’hui ce vol est important moi dans mon parcours débuté sérieusement avec les miles l’année dernière. Je change enfin de statut au sein de Flying Blue. A moi le statut Élite Silver grâce à un seul et unique vol payé de ma poche pour cette année 2016. Le comment du pourquoi? C’est le résultat de la stratégie que j’ai mis au point quelques mois auparavant qui porte ses fruits. Qui dit statut Elite dit accès à des avantages comme des miles supplémentaires pour un même trajet, à partir de mon prochain vol j’aurai droit à 50 % en plus, l’enregistrement et l’embarquement prioritaire, un bagage en soute supplémentaire gratuit en autres. Ce n’est pas encore le saint graal au niveau du statut, le but ultime étant le statut Platinum, mais j’y travaille. Pas besoin de rouler sur l’or pour voyager, dans le confort en plus, il suffit d’utiliser sa tête et cela, au moins, est à la portée de tous, mon expérience est là pour en témoigner. Pour ceux que cela intéresse de voyager plus et quasi gratuitement et qui veulent en savoir plus sur les miles, contactez-moi via la rubrique profil.

C´est l’occasion d’essayer les sièges Comfort + sur Delta. Avec la mention Sky sur ma carte d’embarquement, j’ai été appelée après la classe First.  Avec plus de place pour les jambes, on voyage réellement mieux dans ces conditions, même pour 1h30 de vol, cela vaut le coup. 

image
De plus, un petit encas un peu plus sain que les traditionnels snacks est offert, j’adore!

image

San Francisco est déjà en vue! Génial!

image

Merci au commandant de bord et sa co-pilote.

image

En 2003, quand j’ai fait ma Summer Session à l’University of California Los Angeles, UCLA, mon premier choix, j’avais dans ma liste de substitution UC Berkeley. J’avais envie de voir ce à quoi cette ville étudiante ressemblait! De plus, mon meilleur ami qui avait choisi cette université m’en avait dit que du bien. Je comprend maintenant pourquoi. C’est calme, propre, beaucoup de restaurants sympas, de verdure, à côté de la mer, une ville comme je les aime. Le restaurant de spécialités de la Nouvelle-Orléans, elle aussi créole, a attiré mon attention mais était fermé exceptionnellement hier et aujourd’hui pour maintenance. Il sera ouvert demain donc ce n’est que partie remise. Mon choix s’est finalement tourné vers un restaurant thai où le repas qui était certes super épicé mais tout simplement délicieux. Quelques fois je me dis que je vis pour manger! Chaque plat est une aventure à découvrir dans choc gastronomique (un peu de retard pris dans l’écriture mais déjà pas mal d’articles donc à surveiller régulièrement).

Aujourd’hui, j’ai vraiment besoin de repos, donc au programme … balade sans but précis. Le campus de l’université de UC Berkeley s’y prête bien.

imageEn me promenant ici, je repense à mon expérience à UCLA. J’adore les campus américains grouillant de vie avec des étudiants des quatre coins du monde, ici en majorité asiatique, imageimageleurs beaux arbres, imageles écureuils, … imageUne petite pause sur la pelouse en mode étudiant que je ne suis plus depuis longtemps, s’imposait. imageMaintenant, direction la Marina de Berkeley. imageHistoire de prendre un thé chaud, mine de rien il fait 16 degrés, dans un cadre sympa avec la vue sur la Baie de San Francisco.

image

Je m’y suis rendue via Uber avec Mary. Ah Mary, elle a mis du temps à arriver, près de 10 minutes pour un itinéraire relativement simple, je voyais l’icône de sa voiture zigzaguer. C’était plus qu’intriguant! J’avais envie d’en savoir plus sur cette belle femme afro-américaine la cinquantaine. En fait, c’était son premier jour, elle avait commencé depuis 2 heures seulement mais avait déjà plus de 10 clients à son actif. Elle se familiarise encore avec l’équipement d’où l’icône de sa voiture qui se déplaçait dans tous les sens tel un jeu vidéo. Au fil de la conversation, elle m’a appris que son époux était de Sainte-Lucie, et oui tout près de la Guadeloupe et qu’elle l’avait rencontré sur un bateau de croisière aux Bahamas. Elle m’a beaucoup fait rire car quand elle a rencontré son mari à cause de l’accent Saint-Lucien elle ne comprenait rien à ce qu’il racontait mais est tombée amoureuse de lui il y a 22 ans de cela et qu’ils ont une fille de 16 ans. On ne sait jamais quand l’amour ou autre chose frappe m’a-t-elle dit donc il faut vivre aujourd’hui à fond, demain c’est un autre jour. Le tout en me demandant à moi qui visite Berkeley pour la première fois quelles directions il faut prendre. Inoubliable!

Gain de miles Flying Blue du jour : + 1170 dont 625 de miles statut

Day 24 : rêve américain déchu

Ces vacances, qui ont été une vraie aventure nomade au jour le jourdemandent et méritent enfin une partie plus tranquille pour se relaxer. Mais la réalité me rattrape.

Retour vers Santa Monica et sa jetée sur pilotis au dessus de l’océan Pacifique, en bus local cette fois-ci, histoire de se mêler à la population et continuer à profiter des paysages.

image image imageimageC’est une ville très agréable pour  avec un climat assez doux à cette époque, à proximité de la plage.

En parlant de plage, un souvenir vient de flasher dans ma mémoire : la plage de Malibu. J’avais fait tout le trajet en 2003 en bus, une bonne heure à l’allée, histoire de voir ce à qui ressemblait cette plage très médiatisée par l’intermédiaire de la série “Alerte à Malibu”. Arrivée sur place, choc et déception 1 : pas de sauveteurs homme et/ou femme aussi canons que ceux de la série; choc et déception 2 : dans l’idée de me baigner, moi aussi à Malibu Beach, je vais prendre la température de l’eau. Elle était tout simplement glaciale, comme si des glaçons y flottaient. Pour une Antillaise comme moi, habituée à une eau de mer à plus de 22 degrés, il était tout simplement hors de question d’y tremper plus que l’index. Aujourd’hui encore, à Santa Monica, il y avait des braves dans l’eau.

Une dure réalité, m’a frappé aux yeux encore aujourd’hui. Beaucoup de personnes, dans le domaine artistique, de tous les âges, viennent tenter leur chance aux Etats-Unis. La côte ouest, avec la proximité de Hollywood et de ses paillettes, attire beaucoup. Mais malheureusement, tout le monde ne peut pas devenir Beyoncé. Cela m’a frappé le nombre de jeunes dans les rues en train de chanter, de jouer de la musique, de dessiner. Il y a tellement de gens talentueux dans ce pays, que juste le talent ne suffit pas pour se faire remarquer car la concurrence est trop rude. D’autres facteurs comme l’impact visuel qu’on a sur les autres, ses facultés à s’auto-manager, l’élocution, la présentation, le look, l’époque dans laquelle on vit, les personnes que l’on connait et qui nous connaissent, les sacrifices que l’on est prêt à faire… influent beaucoup sur l’accès au statut de star. Trouver toutes ces qualités dans un seul être humain est chose difficile. Seule une infime partie réussira, la partie émmergée de l’iceberg. Beaucoup n’auront pas la chance de réussir tout de suite ou pour d’autres, la grande majorité, ils n’auront pas la chance de pas réussir du tout. Je me mets à la place de ces jeunes talentueux, croisés sur cette jetée, qui cherchent à devenir des stars du show-business. D’un côté, il ne faut pas abandonner pour pouvoir percer, mais de l’autre quand on en arrive au stade d’être sans abri, faut-il encore poursuivre ce rêve? Un vrai dilemme quand on voit la réussite de Halle Berry ou Jim Carrey qui eux aussi, à un moment de leur vie, avant de devenir célèbres étaient sans abris. Les Etats-Unis c’est vraiment le pays de toutes les contradictions. Je souhaite vraiment que le plus grand nombre réussira et vivra son le Rêve Américain.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 530

Day 23 : impossible is nothing

Juste 68 km séparent Pasadena de Santa Monica soit un parcours de 40 minuntes à peine. Mais, ces 40 minutes furent l’équivalent de vraies montagnes russes, aussi bien émotionnellement que physiquement!

Tout est dans la démesure aux Etats-Unis et les autoroutes ne sont pas en reste. A Los Angeles, se sont des 4 voir 5 voies dans chaque sens sans compter les entrées et les sorties, des voies qui s’entrecroisent, se superposent. Tout va vite, même le week-end il y a des automobilistes pressés qui slaloment entre les lignes, des camions, d’autres motards,… J’avais l’impression d’avoir été catapultée en plein milieu du tournage d un film d’action dans la veine de Mission Impossible et que d’une minute à l’autre, je serai rejointe par Tom Cruise.

En attendant avec le générique bien rythmé du film en tête, ma mission si je l’accepte remettre la moto au plus tard à 11h29m59s, (fin des 59 minutes de grâce avant qu’une journée supplémentaire ne soit facturée):

  • 09h46m45s : départ de Pasadena,
  • 10h27m23s : le froid se fait ressentir, la côte est proche, les palmiers sont en vue.
  • 10h34m12s : arrivée à Santa Monica, point final choisi pour cette traversée des Etats-Unis, à proximité du panneau “End of the Trail” image
  • image
  • 11h11m39s : arrivée aux locaux de Eagle Rider près de l’aéroport de Los Angeles.
  • 11h12m48s : oops plein d’essence oublié dans la précipitation.  Mais au fait, Tom Cruise non plus ne s’arrête pas en plein action pour faire le plein! 19$ supplémentaires qui vont sauter de ma poche, quelle inégalité de statut entre acteurs et actrices! C’est trop injuste!
  • 11h22m53s : inspection de la moto et appréhensions quant aux suites qui seraient données à l’incident de la sacoche brûlée dont la paire coûte … plus de 1500 $. Pour Tom c’est une bagatelle mais un gros trou dans mon budget! Je n’ai pas encore le même cachet que lui!
  • 11h27m09s : délibération du manager, malgré la franchise applicable, l’incident de la sacoche brûlée est clos sans qu’un seul dollar ne sorte de ma poche, idem pour le plein d’essence oublié.
  • 11h29m57s :ma moto Indian Chief Vintage (pour 24h), arbore une jolie étiquette rose fluo : “Right saddle burn (need new)”/”Sacoche droite brûlée (besoin d’une nouvelle).image
  • 11h29m58s : mission accomplie, les États-Unis traversés à moto en 16 jours d’est en ouest avec au compteur 5357 km, via 12 états depuis l’arrivée à New York : New Jersey, Pennsylvanie, Ohio, Indiana, Illinois, Missouri, Oklahoma, Texas, Nouveau Mexique, Arizona, Nevada, Californie.
  • 11h29m59s : Je n’arrive pas à y croire! C’est juste génial ce sentiment d’accomplissement que l’on a après avoir mené un projet, quel qu’il soit, à son terme!
  • 11h30m00s : blague à part, il est où Tom? On aurait presque dit qu’il m’a posé un lapin!

Il fallait vraiment se faufiler sans perdre pour autant une bribe de concentration. Tout comme l’épisode dans le désert d’hier, aujourd’hui aussi une journée difficile et épuisante si se n’est la plus difficile malgré le parcours quasi ridicule comparé à tous les kilomètres déjà parcourus. Mais cette journée, résultat d’une longue préparation en amont, est à la fois tellement satisfaisante!

Le destin à voulu que ce jour mémorable pour moi coïncidence avec 15 ème anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. C’est la première fois que je me trouve aux USA à cette date si particulière. Ce jour là, je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai regardé l’événement sur CNN et vu en direct l’impact du second avion. Quand je pense que j’ai faillit être à New York ce jour là en raison des concerts de Michael Jackson : 30th Anniversary les 7 et 10 septembre au Madison Square Garden. Mais étant en Guadeloupe à cette époque là, avec mon modem dial-up pour accéder à internet (j’entends encore résonner ce son si particulier), je n’ai pas pu acheter de tickets car les shows se sont vendus en 5 heures. Après tout, il ne faut donc jamais blâmer une contrariété, même quand la contrariété est dans ce cas bien précis, pour une fan comme moi, incommensurable.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 200

Day 22 : rien n’est jamais acquis

Aujourd’hui commence l’étape 3, la dernière ligne droite entre Las Vegas et Santa Monica. Après plus de 4000 km à mon actif, j’avais dans l’idée que ce tronçon de moins de 600 km serait une simple formalité, mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi.

image
Tout d’abord la chaleur! Je n’avais jamais expérimenté cela car, lors de mon premier voyage, le trajet entre Los Angeles et Las Vegas avait eu lieu en voiture toutes vitres haussées dans le confort de la clime, on se doute qu’il fait chaud mais, à ce point, non! L’autre jour, je comparais le désert à un four mais il s’agit réellement de la métaphore parfaite. Là, c’était moi le plat qui était dans le four en train rôtir! Ce désert étant à plus de 1200 m, je me disais, c’est cool il fait quand même frais ici mais j’allais vite regretter cette futile pensée. En quelques minutes, on perd la moitié de cette altitude donc plus on descend plus la chaleur se concentre et plus elle est insoutenable. Même avec la vitesse l’air est tellement chaud qu’il est difficile de respirer, les vêtements collent à cause de la transpiration. En jetant un œil au compteur, il faisait plus de 45 degrés. Je n’ose même pas imaginé si j’avais fait ce voyage en plein été! La rumeur dit que l’on peut faire cuir un œuf au plat directement sur l’asphalte à Las Vegas, je n’ai pas essayé mais on n’est pas loin de la vérité à mon avis . À moto on vit vraiment des expériences uniques. Je sais maintenant ce que c’est que de rouler dans le désert.

Enfin arrivée à la station essence qui apparaissait presque comme un mirage, j’ai osé penser que j’allais enfin prendre un peu de répit. La pompe fait des siennes et en décide autrement. qui ne fonctionne pas bien et l’essence ne sort pas. Malgré mes allées et retours interminables à la caisse, aucune goutte d’essence ne tombe au fond du réservoir. En fait, ces pompes sont faites pour les voitures afin d’éviter les émissions de vapeur, il y a donc une sécurité il faut donc soulever à main nue. C’est dure de faire la manipulation sous la chaleur, je n’en peux plus.
Quand on est fatigué tout paraît insurmontable. Après toutes ces péripéties, le moment de réconfort ultime :  un Frozen Yogurt à la main.
Même si je n’ai pas tellement envie d’affronter à nouveau la chaleur du désert je n’ai pas le choix car le temps passe, il faut mettre le cap direction Bagdad Cafe aux abords de la route 66.

image

imageAvec maintenant des dunes de sable des deux côtés de la route et toujours cette chaleur pour compagnons, pour la première fois la route me paraît interminable. Enon à destination, je dois avouer que le lieu et ce film de 1988 sont enfouis très loins dans mes souvenirs mais la chanson “Calling You” que j’adore et qui passe en boucle fait tilt. L’ambiance qui y règne est étrange entre nonchalance et désinvolture mais en y réfléchissant bien le film aussi devait être dans ce style.

C’est là que j’ai rencontré Kris (krisaucanada.com) et son compagnon, tous deux attirés par la moto. Ils m’ont demandé des informations sur l’organisation de mon voyage car eux aussi souhaitent faire la route 66 à moto l’année prochaine. Ils ont quitté la France il y a quelques mois pour s’installer au Canada. Ils sillonnent maintenant tous les deux les États-Unis et le Canada au gré des livraisons avec leur poids lourd. Selon eux, il y airait du travail pour ceux qui parlent français et anglais car le pays recrute en masse, surtout dans le médical. C’est vraiment une philosophie de vie que j’aime car il n’y a pas d’âge pour changer de vie, il suffit de le vouloir. Le plus difficile c’est juste de prendre la décision.

Après une bonne limonade bien fraîche, (merci à ce couple très sympa), en route vers Pasadena où je compte passer la nuit car Los Angeles est hors de portée pour aujourd’hui! De retour sur la moto, le soleil n’étant plus au zénith il fait enfin moins chaud. Mais une odeur de brûlé persistante envahit l’air, mais impossible de l’identifier ainsi que sa provenance. Mais j’avais le pressentiment que quelque chose ne tournait pas rond. Ce n’ai qu’à la pause essence que j’ai découvert l’origine de cette odeur. En roulant, sans raison apparente, la partie avant de la sacoche s’était décrochée et elle reposait à même l’échappement. Cuir & plastique ne faisant pas bon ménage avec la chaleur extrême, même si je ne voulais pas affronter cette réalité, la matière avait littéralement fondue et un trou d’environ 10 cm de diamètre s’était formé. J’apercevais maintenant à travers la sacoche le chrome étincelant de l’échappement. Mais heureusement plus de peur que de mal au cours de ces 463 km car ce n’est que du matériel, mais je sens déjà que je peux dire adieu à ma franchise demain.

Après l’effort, le réconfort avec un succulent plat japonais le Shabu Shabu accompagné de Ramuné, couronné d’une bonne glace au thé vert!

Gain de miles Flying Blue du jour : + 250

Day 21 : les préjugés c’est de l’ignorance

Les 45 derniers kilomètres entre Boulder City et Las Vegas ont été parcourus en moins de 40 minutes sous un soleil de plomb. Après 3481 km au total parcourus en 11 jours, soit une moyenne de 316 km par jour, l’arrivée à Las Vegas, coïncide avec la fin de l’étape 2 de mon voyage. La moto et son équipage sont arrivés à bon port aux locaux de Eaglerider! La clôture du contrat se fait rapidement comme d’habitude malgré la présence de larges groupes de suisses, d’américains, d’allemands. ils ont pensé à tout dans les locaux de Las Vegas, motos à la vente, accessoires, blousons, bijoux, café, donuts! La clientèle est vraiment très cosmopolite.

image

Las Vegas, une ville en plein milieu du désert, il fallait y penser et surtout oser! Las c’est des hôtels démesurés il y aurait plus de 120000 chambres disponibles, des casinos ouverts 24/7, des concerts avec des superstars entre autres actuellement Mariah Carey au Caesar Palace, Lionel Richie au Planet Hollywood, des spectacles époustouflants comme MJ One au Mandala Bay, David Copperfield au MGM Grand Hotel, des boutiques de luxe, ses malls, des attractions, des chapelles avec comme prêtre … Elvis Presley   … . Tout est à portée de main en matière d’amusement d’où ses surnoms : “la capitale mondiale du divertissement” ou encore “la ville du pêché“. Cette ville d’à peine 352 km2 compte à peu près 2 millions d’habitants sans compter les touristes. les rues grouillent de monde!

Avec la légalisation des jeux d’argent au Nevada, mais aussi la construction du barrage de Hoover dans les années 30 ont contribués au développement de la ville. La mafia italienne, elle, a eut l’idée de financer le développement immobilier dans le désert le plus aride des États-Unis, celui de Mojave. C’est fou comme l’idée qu’ils ont eut a fait son chemin et été couronnée de succès. Comparé à mes souvenirs datant de 13 ans quand même, la ville s’est agrandi et continue de l’être. Je n’ai reconnu que les hôtels mythiques comme le Ceasar Palace, le Flamingo. Je ne m’attendais pas à un tel changement.

Eaglerider met à disposition une navette de et vers les hôtels, c’est là que j’ai rencontré Steve.

imageLa cinquantaine, look motard, barbe imposante, tatouages. Au premier abord, en le voyant, j’aurai eu du mal à faire le premier pas pour lui parler. Mais la musique qu’il écoutait qui m’a interpellée : Bennie & The Jets d’Elton John. Moi aussi j’adore ce chanteur donc là je lui dit “I like this song” et là discussion fut lancée et c’est un Steve super sympa que j’ai découvert. Dans tous les domaines, cette phrase de Michael Jackson fait toujours écho en moi : “Prejudice is ignorance” d’où le titre aujourd’hui. Steve a vu Elton en concert il y a 3 ans à Las Vegas et c’était un super show, je lui ai dit que moi aussi j’avais eu la chance de le voir en concert mais à Paris en 2003 et on a discuté pas mal au sujet d’Elton. En lui demandant depuis combien de temps il travaillait avec Eaglerider, il m’a répondu que cela ne faisait que 18 mois. C’est vraiment une autre mentalité ici, si on fournit le travail demandé l’âge ne compte pas vraiment. Notre société a encore des progrès à faire en matière d’embauche de seniors.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 3700

Day 20 : une idée de l’apocalypse

Arrivée à Winslow dans le comté de Navajo hier, j’y commence donc mon périple à travers le nord ouest de l’Arizona vers Las Vegas. C’est le tronçon dans le désert tant redouté mais les découvertes y seront de taille.

image

Le parcours de 461 km du jour a commencé par arrêt sur un grandiose et impressionnant : Meteor Crater, conseillé par deux motards rencontrés hier. 

Il y a de cela 50000 ans, une météorite 45 m de diamètre voyageant à plus de 41 000 km heures a frappée notre planète. A cette vitesse, mon voyage de New York à Los Angeles serait bouclé en avion en … 5 minutes. Sur une surface jadis plane, l’impact a laissé un cratère de plus de 1 km de diamètre et 213 m de profondeur.  Pour visualiser la chose, on pourrait y caser 20 terrains de football autour duquel on pourrait construire une arène pouvant accueillir 2 millions de spectateurs. Ma première réaction se résume en un mot : waouh! La seconde : c’est sans doute là que San Goku est arrivé sur terre! Et oui, j’adore Dragon Ball et Dragon Ball Z. Il existe à travers le monde plus de 200 impacts de ce genre mais celui de Flagstaff se distingue : c’est grâce à lui qu’ont pu être différenciés les cratères volcaniques; mais c’est aussi l’impact le mieux préserver de la planète. A ce jour, la terre est toujours sous la menace de chocs avec des astéroïdes appelés “Near Earth Objects” ou en français “Objets géocroiseurs“. La NASA a donc lancé, en 1992, un programme afin d’observer et répertorier les astéroïdes de plus de 1 km de diamètre qui représenteraient un risque pour la planète. Un tel choc de nos ferait des dégâts colossaux et même notre espèce serait menacéeLe but à moyen terme : développer une stratégie d’évitement d’impact. 

image

Encore une visite d’où je sors enrichie et ayant vécu une expérience unique : avoir touché une météorite, cet objet extraterrestre. J’ai certes payé l’admission 18$; mais comme j’aime à le penser, l’argent qui a une image résolument négative de manière générale, n’est qu’un moyen de se procurer des expériences et d’enrichir ses connaissances comme ce fut le cas aujourd’hui. La boutique de l’observatoire, avec sa petite collection de pierres, était déjà un vrai paradis pour moi. Au cours d’un prochain voyage, rendez-vous est déjà pris pour Tucson en Arizona, où a lieu chaque année, fin janvier, début février le plus grand salon autour de la pierre. Je n’ose même pas imaginer ce moment!

Voir toutes ces pierres, ces géodes, a réveillé un lointain souvenir : en 2003, lors de mon premier séjour au Japon, à peine arrivé, j’avais passé un entretien à Tokyo, pour avoir un job étudiant chez un grossiste de pierres brutes. Ce que l’on aime et continue à aimer passionnément toute sa vie durant sont peu nombreuses, dans mon cas : les pierres, les voyages, la photographie, les langues, la gastronomie & Michael Jackson.

De tous les états traverser, l’Arizona est mon favori car c’est celui qui présente la plus grande diversité de paysages. En quelques minutes on passe du désert aride, à la forêt de pins, en passant par la montagne, les prairies fleuries, les lacs, pour finir à nouveau dans le désert en fin d’après midi. Le corps a une mémoire. En se rapprochant du Nevada, mon corps c’est soudain rappelé de cette chaleur, sensation que je n’avais pas ressenti depuis 13 ans lors de ma première visite à Las Vegas. La chaleur qui y règne, pour moi, fait l’effet d’un four au moment où l’on l’ouvre pour en sortir un plat, cet instant bref où on est caressé par l’air chaud, est là permanent.

Sur le chemin, j’ai vu un panneau indiquant, Grand Canyon à 50 minutes. J’aurai adoré avoir le temps pour y aller. Mais dans la vie il faut faire des choix et le choix aujourd’hui fut d’atteindre Boulder City ce soir afin d’être à seulement 30 minutes de Las Vegas demain pour remettre la moto à 10h30 sans stresse inutile.

imageSur la route, il y a aussi le barrage de Hoover mis en service dans les années 30 sur le fleuve Colorado, créant ainsi le lac artificiel Mead. Il fournit en électricité, bizarrement dans cet ordre, la Californie, le Nevada et l’Arizona. C’est une attraction touristique majeure de la région. Une chose est sûre, les américains savent rentabiliser leurs infrastructures. La ville de Boulder City où je loge ce soir a été créée pour héberger les ouvriers de l’époque.

La rencontre du jour fut celle avec
Edna, la caissière du magasin de l’hôtel Hoover Dam Lodge ouvert 24/7. Là encore, j’étais en train d’admirer les bijoux en pierre quand je l’ai rencontré. J’ai été touchée par son récit sur sa santé. Elle ne souffrait pas auparavant, mais avec l’âge, elle n’a que la cinquantaine, elle a maintenant des allergies, même un trou dans le cœur, bien d’autres maux dus à une mauvaise alimentation et un manque d’exercice quand elle était jeune. Elle m’a presque supplié de prendre soin de moi maintenant pour ne pas finir comme elle avec un corps qui tombe en ruines, se sont ses propres mots. Ses conseils : éviter à tout prix de grossir, éviter les fast-foods, de bien compter les calories, faire de l’exercice en conséquence, tout ce qu’elle n’a pas fait à mon âge. Ses paroles ont fait tilt! Je l’avais bien remarqué le changement après 30 ans, mon corps n’élimine plus aussi bien et en ne faisant pas attention je grossis ce qui n’était pas le cas avant. N’étant pas super sportive, tout excès se transforme directement en graisse. La relation de cause à effet dans toute sa splendeur. J’ai mis la main sur une arme si efficace, pour rester mince, que personne ne la prend au sérieux.  Je pense que c’est un des secrets les mieux gardés car tellement simple que cela paraît ridicule : réduire la taille des portions mangées sans pour autant se priver d’aliments! C’est là que la satiété rentre en action. Cette sensation unique, je l’ai découverte pour la première fois avec mon premier repas dans un restaurant gastronomique. Quand un plat est bien présenté, plus ou moins complexe et de surcroît délicieux, la qualité prime sur la quantité. Tous les sens étant mis à contribution, on se contente de peu. En méditant les paroles d’Edna, ce que j’ai pu remarquer ici c’est que les aliments sains sont chers. La majeur partie de la population, elle, faute de moyens et/ou de temps (cumule de 2 travails comme Erlene la Navajo d’hier), se tourne vers de la nourriture pas cher mais souvent de qualité nutritionnelle  pauvre, trop grasse, sucrée ou salé et surtout avec des portions gigantesques. C’est parfois surprenant de lire les étiquettes des produits alimentaires ici : du curcuma dans un yaourt à l’ananas!

Gain de miles Flying Blue du jour : + 290

Day 19 : rencontre magique avec une Navajo & la Nature

Cette journée entre le Nouveau-Mexique et l’Arizona longue de 470 km a été tellement riche que je ne sais pas part où commencer.

Après avoir quitté Albuquerque sous un ciel nuageux, vers 10 heures direction l’Arizona une pause essence était de mise. Je n’aurai jamais imaginé qu’une station essence pourrait être le lieu d’une rencontre magique : Erlene de la tribu Navajo. Elle est née en Arizona mais étudie la diététique et travail chez un opticien mais aussi à la fameuse station essence au Nouveau-Mexique. Elle m’a raconté avec passion et fierté l’histoire de son peuple comment il a été opprimé, décimé, réduit en esclavage et expropriés de ses terres. Elle m’a conseillé d’acheter le livre Long Walk of the Navajo qui raconte la déportation de son peuple à partir de 1864 de l’actuel Arizona vers Fort Sumner au Nouveau-Mexique, ville traversée la veille. Le peuple Navajo n’a jamais baissé les bras et a finalement récupéré ses terres. Aujourd’hui ils ont la plus grande réserve s’étendant entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique, l’Utah, le Colorado dont la capitale est Window Rock m’a-t-elle dit. Ils ont leur propre gouvernement et économie moderne basée entre autres sur le tourisme, l’artisanat, la confection de bijoux en turquoise et argent, l’exploitation de gisements de pétrole et de minerais. Fait surprenant, elle m’a parlé de sommes d’argent venant du gouvernement des États-Unis. En faisant des recherches, il s’agit de la somme de 554 millions de dollars qui leur a été payé en 2014 à titre de réparation pour la mauvaise gestion de leurs terres. C’est un différent qui durait depuis plus de 50 ans. La patience et la persévérance paient toujours et c’est ici un bel exemple. Pour elle, son peuple viendrait d’Australie car il y aurait beaucoup de similitudes avec d’autres peuples de là bas par exemple dans leurs coutumes voir même l’utilisation de leur habitat traditionnel le Hogan. Leurs coutumes et croyances sont riches. Elle m’a appris que le ciel c’est la figure du père, la terre celle de la mère. Autre fait surprenant, ils ont des interdits alimentaires, les Navajos ne sont pas sensés manger de poissons, de fruits de mer ou tout ce qui vit ou a un rapport avec l’eau. C’est un tabou car ces êtres sont considérés comme sacrés pour ce peuple venant du désert où l’eau est très rare. Mais tiraillée entre modernité et tradition, ma chère Erlene adore mander les fruits de mer surtout le crabe et le saumon et son rêve serait de déménager à Seattle près de la mer. Mais un jour, elle s’est réveillée ne pouvant plus marcher et a été voir son Chaman. Celui-ci a pu la soigner mais lui a dit que cela venait du fait qu’elle avait bravé l’interdit et mangeait ces aliments sacrés. J’ai aussi appris mon premier mot Navajo : Ya’àt’héé qui veut dire bonjour. J’ai vraiment adoré discuter avec elle, ces quelques minutes d’échange valent tout l’or du monde! Cela m’a donné encore plus envie de découvrir plus en profondeur l’histoire de son peuple mais aussi la mienne, en connaître plus sur mes origines. Les rencontres en voyage ont vraiment le pouvoir de changer le cours d’une vie d’où l’importance pour moi de parler la langue du pays.

De retour sur la moto, le paysage qui défilait devant mes yeux était celui des films de western que je regardais étant enfant. De grandes étendues naturelles arides, de vastes plaines désertiques représentant le Far-West où l’homme et la nature sont en perpétuelle lutte. Petit détour obligé à El Rancho Hôtel à Gallup sur la route 66 avant de quitter le Nouveau-Mexique. Cet hôtel a accueilli pendant des années des stars de western en tournage à proximité comme John Wayne et même le futur Président des États-Unis : Ronald Reagan.image

Mon premier souvenir avec l’Arizona remonte à mes années collège. Je devais y faire un voyage linguistique à Tucson, mais le projet avait avorté. Mais cette fois-ci, m’y voici enfin. À peine arrivée dans cet état, que voici déjà un décor majestueux qui ne laisse pas indifférent. Il fallait impérativement que je m’arrête pour contempler Painted Cliffs à Lupton dans la réserve des Navajos. Aux pieds de cette falaise se trouve un centre Navajo où ils vendent des bijoux, accessoires, poteries et autres objets d’art. Une fan des pierres comme moi car croyant en leurs pouvoirs, ne pouvait que se laisser tenter par les bijoux en argent & turquoise.

image

image

Ayant de nouveau changé de fuseau horaire en gagnant une heure de plus, ce facteur fut déterminant, car plus de temps, pour ce qui allait être la plus belle balade à moto que j’ai jamais faite de ma vie. Elle s’est déroulée dans le parc national Petrified Forest, s’étendant le long d’une route de 45 km. A chaque détour, chaque

courbe j’ai été est éblouie par la beauté des lieux. Des magnifiques canyons de terre rouge : image

Tiponi Point

image

Tawa Pointimage

Kachina Point

Des montagnes avec des couleurs si chat

oyantes qu’on aurait dit qu’elles sont peintes. Le lieu mérite bien le nom de “Painted Desert”.

image

Des vestiges de la route 66 qui coupait celle du parc.

imageMais pour moi, le moment le plus fabuleux de la balade fut la découverte des troncs d’arbre pétrifiés.

image imageCe fut extraordinaire de voir comment la nature a le pouvoir de transformer les choses. Difficile d’imaginer que dans ce décor actuel désertique, jadis s’étendait une forêt verdoyante dont le bois fossilisé, là juste devant mes yeux et à portée de main, est une preuve. Le bois qui est déjà une matière magnifique à été transformé, au cours de millions d’années, en une autre matière aussi magnifique qu’est la pierre.

image imageJe n’en reviens pas de toutes ces couleurs , ces textures, ces motifs. Le silence, qui régnait dans ces lieux m’ont apporté paix, joie et douceur. Tout simplement inoubliable.

De plus, le temps qui était nuageux jusque là a laissé place, au moment de sortir du parc, à un beau coucher de soleil. Rien de tel pour finir la journée en beauté.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 160