Day 20 : une idée de l’apocalypse

Arrivée à Winslow dans le comté de Navajo hier, j’y commence donc mon périple à travers le nord ouest de l’Arizona vers Las Vegas. C’est le tronçon dans le désert tant redouté mais les découvertes y seront de taille.

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Le parcours de 461 km du jour a commencé par arrêt sur un grandiose et impressionnant : Meteor Crater, conseillé par deux motards rencontrés hier. 

Il y a de cela 50000 ans, une météorite 45 m de diamètre voyageant à plus de 41 000 km heures a frappée notre planète. A cette vitesse, mon voyage de New York à Los Angeles serait bouclé en avion en … 5 minutes. Sur une surface jadis plane, l’impact a laissé un cratère de plus de 1 km de diamètre et 213 m de profondeur.  Pour visualiser la chose, on pourrait y caser 20 terrains de football autour duquel on pourrait construire une arène pouvant accueillir 2 millions de spectateurs. Ma première réaction se résume en un mot : waouh! La seconde : c’est sans doute là que San Goku est arrivé sur terre! Et oui, j’adore Dragon Ball et Dragon Ball Z. Il existe à travers le monde plus de 200 impacts de ce genre mais celui de Flagstaff se distingue : c’est grâce à lui qu’ont pu être différenciés les cratères volcaniques; mais c’est aussi l’impact le mieux préserver de la planète. A ce jour, la terre est toujours sous la menace de chocs avec des astéroïdes appelés “Near Earth Objects” ou en français “Objets géocroiseurs“. La NASA a donc lancé, en 1992, un programme afin d’observer et répertorier les astéroïdes de plus de 1 km de diamètre qui représenteraient un risque pour la planète. Un tel choc de nos ferait des dégâts colossaux et même notre espèce serait menacéeLe but à moyen terme : développer une stratégie d’évitement d’impact. 

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Encore une visite d’où je sors enrichie et ayant vécu une expérience unique : avoir touché une météorite, cet objet extraterrestre. J’ai certes payé l’admission 18$; mais comme j’aime à le penser, l’argent qui a une image résolument négative de manière générale, n’est qu’un moyen de se procurer des expériences et d’enrichir ses connaissances comme ce fut le cas aujourd’hui. La boutique de l’observatoire, avec sa petite collection de pierres, était déjà un vrai paradis pour moi. Au cours d’un prochain voyage, rendez-vous est déjà pris pour Tucson en Arizona, où a lieu chaque année, fin janvier, début février le plus grand salon autour de la pierre. Je n’ose même pas imaginer ce moment!

Voir toutes ces pierres, ces géodes, a réveillé un lointain souvenir : en 2003, lors de mon premier séjour au Japon, à peine arrivé, j’avais passé un entretien à Tokyo, pour avoir un job étudiant chez un grossiste de pierres brutes. Ce que l’on aime et continue à aimer passionnément toute sa vie durant sont peu nombreuses, dans mon cas : les pierres, les voyages, la photographie, les langues, la gastronomie & Michael Jackson.

De tous les états traverser, l’Arizona est mon favori car c’est celui qui présente la plus grande diversité de paysages. En quelques minutes on passe du désert aride, à la forêt de pins, en passant par la montagne, les prairies fleuries, les lacs, pour finir à nouveau dans le désert en fin d’après midi. Le corps a une mémoire. En se rapprochant du Nevada, mon corps c’est soudain rappelé de cette chaleur, sensation que je n’avais pas ressenti depuis 13 ans lors de ma première visite à Las Vegas. La chaleur qui y règne, pour moi, fait l’effet d’un four au moment où l’on l’ouvre pour en sortir un plat, cet instant bref où on est caressé par l’air chaud, est là permanent.

Sur le chemin, j’ai vu un panneau indiquant, Grand Canyon à 50 minutes. J’aurai adoré avoir le temps pour y aller. Mais dans la vie il faut faire des choix et le choix aujourd’hui fut d’atteindre Boulder City ce soir afin d’être à seulement 30 minutes de Las Vegas demain pour remettre la moto à 10h30 sans stresse inutile.

imageSur la route, il y a aussi le barrage de Hoover mis en service dans les années 30 sur le fleuve Colorado, créant ainsi le lac artificiel Mead. Il fournit en électricité, bizarrement dans cet ordre, la Californie, le Nevada et l’Arizona. C’est une attraction touristique majeure de la région. Une chose est sûre, les américains savent rentabiliser leurs infrastructures. La ville de Boulder City où je loge ce soir a été créée pour héberger les ouvriers de l’époque.

La rencontre du jour fut celle avec
Edna, la caissière du magasin de l’hôtel Hoover Dam Lodge ouvert 24/7. Là encore, j’étais en train d’admirer les bijoux en pierre quand je l’ai rencontré. J’ai été touchée par son récit sur sa santé. Elle ne souffrait pas auparavant, mais avec l’âge, elle n’a que la cinquantaine, elle a maintenant des allergies, même un trou dans le cœur, bien d’autres maux dus à une mauvaise alimentation et un manque d’exercice quand elle était jeune. Elle m’a presque supplié de prendre soin de moi maintenant pour ne pas finir comme elle avec un corps qui tombe en ruines, se sont ses propres mots. Ses conseils : éviter à tout prix de grossir, éviter les fast-foods, de bien compter les calories, faire de l’exercice en conséquence, tout ce qu’elle n’a pas fait à mon âge. Ses paroles ont fait tilt! Je l’avais bien remarqué le changement après 30 ans, mon corps n’élimine plus aussi bien et en ne faisant pas attention je grossis ce qui n’était pas le cas avant. N’étant pas super sportive, tout excès se transforme directement en graisse. La relation de cause à effet dans toute sa splendeur. J’ai mis la main sur une arme si efficace, pour rester mince, que personne ne la prend au sérieux.  Je pense que c’est un des secrets les mieux gardés car tellement simple que cela paraît ridicule : réduire la taille des portions mangées sans pour autant se priver d’aliments! C’est là que la satiété rentre en action. Cette sensation unique, je l’ai découverte pour la première fois avec mon premier repas dans un restaurant gastronomique. Quand un plat est bien présenté, plus ou moins complexe et de surcroît délicieux, la qualité prime sur la quantité. Tous les sens étant mis à contribution, on se contente de peu. En méditant les paroles d’Edna, ce que j’ai pu remarquer ici c’est que les aliments sains sont chers. La majeur partie de la population, elle, faute de moyens et/ou de temps (cumule de 2 travails comme Erlene la Navajo d’hier), se tourne vers de la nourriture pas cher mais souvent de qualité nutritionnelle  pauvre, trop grasse, sucrée ou salé et surtout avec des portions gigantesques. C’est parfois surprenant de lire les étiquettes des produits alimentaires ici : du curcuma dans un yaourt à l’ananas!

Gain de miles Flying Blue du jour : + 290

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