Day 22 : rien n’est jamais acquis

Aujourd’hui commence l’étape 3, la dernière ligne droite entre Las Vegas et Santa Monica. Après plus de 4000 km à mon actif, j’avais dans l’idée que ce tronçon de moins de 600 km serait une simple formalité, mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi.

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Tout d’abord la chaleur! Je n’avais jamais expérimenté cela car, lors de mon premier voyage, le trajet entre Los Angeles et Las Vegas avait eu lieu en voiture toutes vitres haussées dans le confort de la clime, on se doute qu’il fait chaud mais, à ce point, non! L’autre jour, je comparais le désert à un four mais il s’agit réellement de la métaphore parfaite. Là, c’était moi le plat qui était dans le four en train rôtir! Ce désert étant à plus de 1200 m, je me disais, c’est cool il fait quand même frais ici mais j’allais vite regretter cette futile pensée. En quelques minutes, on perd la moitié de cette altitude donc plus on descend plus la chaleur se concentre et plus elle est insoutenable. Même avec la vitesse l’air est tellement chaud qu’il est difficile de respirer, les vêtements collent à cause de la transpiration. En jetant un œil au compteur, il faisait plus de 45 degrés. Je n’ose même pas imaginé si j’avais fait ce voyage en plein été! La rumeur dit que l’on peut faire cuir un œuf au plat directement sur l’asphalte à Las Vegas, je n’ai pas essayé mais on n’est pas loin de la vérité à mon avis . À moto on vit vraiment des expériences uniques. Je sais maintenant ce que c’est que de rouler dans le désert.

Enfin arrivée à la station essence qui apparaissait presque comme un mirage, j’ai osé penser que j’allais enfin prendre un peu de répit. La pompe fait des siennes et en décide autrement. qui ne fonctionne pas bien et l’essence ne sort pas. Malgré mes allées et retours interminables à la caisse, aucune goutte d’essence ne tombe au fond du réservoir. En fait, ces pompes sont faites pour les voitures afin d’éviter les émissions de vapeur, il y a donc une sécurité il faut donc soulever à main nue. C’est dure de faire la manipulation sous la chaleur, je n’en peux plus.
Quand on est fatigué tout paraît insurmontable. Après toutes ces péripéties, le moment de réconfort ultime :  un Frozen Yogurt à la main.
Même si je n’ai pas tellement envie d’affronter à nouveau la chaleur du désert je n’ai pas le choix car le temps passe, il faut mettre le cap direction Bagdad Cafe aux abords de la route 66.

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imageAvec maintenant des dunes de sable des deux côtés de la route et toujours cette chaleur pour compagnons, pour la première fois la route me paraît interminable. Enon à destination, je dois avouer que le lieu et ce film de 1988 sont enfouis très loins dans mes souvenirs mais la chanson “Calling You” que j’adore et qui passe en boucle fait tilt. L’ambiance qui y règne est étrange entre nonchalance et désinvolture mais en y réfléchissant bien le film aussi devait être dans ce style.

C’est là que j’ai rencontré Kris (krisaucanada.com) et son compagnon, tous deux attirés par la moto. Ils m’ont demandé des informations sur l’organisation de mon voyage car eux aussi souhaitent faire la route 66 à moto l’année prochaine. Ils ont quitté la France il y a quelques mois pour s’installer au Canada. Ils sillonnent maintenant tous les deux les États-Unis et le Canada au gré des livraisons avec leur poids lourd. Selon eux, il y airait du travail pour ceux qui parlent français et anglais car le pays recrute en masse, surtout dans le médical. C’est vraiment une philosophie de vie que j’aime car il n’y a pas d’âge pour changer de vie, il suffit de le vouloir. Le plus difficile c’est juste de prendre la décision.

Après une bonne limonade bien fraîche, (merci à ce couple très sympa), en route vers Pasadena où je compte passer la nuit car Los Angeles est hors de portée pour aujourd’hui! De retour sur la moto, le soleil n’étant plus au zénith il fait enfin moins chaud. Mais une odeur de brûlé persistante envahit l’air, mais impossible de l’identifier ainsi que sa provenance. Mais j’avais le pressentiment que quelque chose ne tournait pas rond. Ce n’ai qu’à la pause essence que j’ai découvert l’origine de cette odeur. En roulant, sans raison apparente, la partie avant de la sacoche s’était décrochée et elle reposait à même l’échappement. Cuir & plastique ne faisant pas bon ménage avec la chaleur extrême, même si je ne voulais pas affronter cette réalité, la matière avait littéralement fondue et un trou d’environ 10 cm de diamètre s’était formé. J’apercevais maintenant à travers la sacoche le chrome étincelant de l’échappement. Mais heureusement plus de peur que de mal au cours de ces 463 km car ce n’est que du matériel, mais je sens déjà que je peux dire adieu à ma franchise demain.

Après l’effort, le réconfort avec un succulent plat japonais le Shabu Shabu accompagné de Ramuné, couronné d’une bonne glace au thé vert!

Gain de miles Flying Blue du jour : + 250

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2 réflexions sur “ Day 22 : rien n’est jamais acquis ”

  1. Hello

    C est le “couple” french de bagdad café. J ai mis les guillemets car nous sommes collègues de travail et donc morts de rire en te lisant ce soir.
    Un touchant petit hommage à notre attention et nous t’en remercions.
    J’espère que votre trip s’est bien terminé et qu’après ça la reprise de la vie quotidienne n’a pas été trop rude pour vous.
    Belle continuation à vous.
    Kristel et Pascal

    Ps: Pascal attend déjà la photo du futur bébé d’amour qui sera certainement magnifique. Kiss les zamoureux

  2. C’est à mon tour de bien rigoler car effectivement, le mot “couple” n’était pas approprié!
    Je n’y manquerai pas pour la photo!

Les commentaires sont fermés.