Mon rêve américain 22 ans plus tard

Adolescente, je me souviens que je voulais vivre et travailler aux États-Unis. Je pensais même à lier l’utile, le travail, à l’agréable, les voyages, en tentant ma chance sur un bateau de croisière. Ce pays que j’aimais tant jadis ne m’attire absolument plus aujourd’hui pour y vivre.

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Pourtant Miami est vraiment une ville comme je les aime : cosmopolite, vivante, pratique avec son metromover gratuit et où les gens sont sympas! On a l’impression d’être à Puerto Rico mais avec un environnement plus moderne rempli de gratte-ciels, de routes à 4 voies, … Ici c’est l’espagnol qui domine dans les rues. Il n’est pas rare de rencontrer des gens qui habitent et travaillent ici mais qui ne parlent pas un mot d’anglais.

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C’est dans ce Holiday Inn à Downtown Miami où j’ai séjourné il y a plus de 20 ans lors de mon tout premier voyage aux États-Unis qui incluait aussi une escapade à Disney World & Sea World Orlando, les Everglades et aussi la NASA. Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était le premier contact réel avec ce pays qui me faisait tant rêver. Je me voyais déjà vivre à Miami ou New York. Le rêve est une chose et la réalité en est une autre car l’image que l’on se fait d’un pays est souvent biaisé, en mal ou en bien. Dans, mon cas, le pays qui a vu naître Michael Jackson ne pouvait qu’être merveilleux à mes yeux.

Mon point fort a toujours été les langues mais en y réfléchissant bien à l’époque déjà, j’ai été lucide de me dire qu’ici on ne réussi pas juste avec la maîtrise de langues étrangères et sans ce talent en plus qui permet de se démarquer de la masse, je ne suis ni chanteuse, ni sportive, ni chercheuse. Malgré mon jeune âge, je pense avoir pris la bonne décision en me tournant vers le Japon là où mon talent pour les langues couplé par la suite au commerce international m’ont permis d’avoir des cartes rares en main; plus rares que ce qu’elles auraient été aux États-Unis.

Actuellement plein de points me dérangent en ce qui concerne ce pays, beaucoup plus nombreux que les points que j’apprécie encore, et font que j’ai bien fait de ne pas poursuivre cette voie. Parmi eux :
– la société de consommation à outrance où tout se vend comme des ventilateurs portable à mettre autour du coup, qui a réellement besoin de cela? Tout est fait pour qu’on dépense sans compter.
– la malbouffe : dans un restaurant je demande du jus on me propose du Coca Cola, du Sprite etc…
– le gaspillage alimentaire : une portion ici correspond à un repas pour 2 personnes mangeant normalement
– le manque de couverture sociale : les gens de la classe moyenne et en dessous n’ont quasiment pas le droit de tomber malade car les factures sont salées. Cela doit être dans plusieurs cas le point de départ d’une décente aux enfers,
– le prix de la nourriture “saine” : 3 USD le litre d’eau avec des nutriments alors que pour beaucoup moins on a 3 litres de sodas, 8 USD le verre de jus de fruits frais, 1,5 USD une poire alors que l’on achète un gros paquets de chips pour moins et j’en passe. Une famille nombreuse avec peu de moyens se tournera plus facilement vers cette nourriture peu saine mais qui rentre dans son budget. J’ai l’impression que tout est fait pour rendre les gens malades afin que l’industrie de la santé se remplisse les poches.

Plus jeune, ces critères n’étaient pas importants mais avec l’âge je me rend compte qu’ils déterminent la qualité de vie et ce n’est pas le style de vie que j’aurai aimer avoir. La plupart des gens que je croise ici ne m’ont pas l’air heureux alors que je le suis aujourd’hui.

Quand on y réfléchit bien ce n’est pas facile de percer ici quand on est noir dans la réalité des choses. Même si certains ont réussi, l’ex Président Obama est là pour témoigner que le rêve américain existe. J’aimerais bien lire son autobiographie pour savoir le prix de ce succès et les sacrifices qu’il a du faire pour réussir. Beaucoup de laissés pour compte de la société ici sont des personnes de couleur non métissés, hommes et femmes, qui errent dans les petites rues de la ville, les parcs. C’est vraiment étrange comme constat. Lors de mon premier voyage le personnel des hôtels par exemple étaient Afro-américains et Latino-américains mais maintenant il est presque à 100% Latino. Les Latino-américains, les Asiatiques semblent avoir trouvé leur place dans cêtre société alors que les Indiens d’Amérique et les Afro-américains, historiquement là depuis plus longtemps, semblent condamnés à errer. Est-ce parce que les Latinos et surtout les Asiatiques sont des peuples soudés qui s’entraident, contrairement à nous?

La vie et les choix que j’ai fait jusqu’ici font que je ne saurais jamais quelle tournure aurait pris mon rêve américain. Mais c’est sans regrets!

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