Day 19 : rencontre magique avec une Navajo & la Nature

Cette journée entre le Nouveau-Mexique et l’Arizona longue de 470 km a été tellement riche que je ne sais pas part où commencer.

Après avoir quitté Albuquerque sous un ciel nuageux, vers 10 heures direction l’Arizona une pause essence était de mise. Je n’aurai jamais imaginé qu’une station essence pourrait être le lieu d’une rencontre magique : Erlene de la tribu Navajo. Elle est née en Arizona mais étudie la diététique et travail chez un opticien mais aussi à la fameuse station essence au Nouveau-Mexique. Elle m’a raconté avec passion et fierté l’histoire de son peuple comment il a été opprimé, décimé, réduit en esclavage et expropriés de ses terres. Elle m’a conseillé d’acheter le livre Long Walk of the Navajo qui raconte la déportation de son peuple à partir de 1864 de l’actuel Arizona vers Fort Sumner au Nouveau-Mexique, ville traversée la veille. Le peuple Navajo n’a jamais baissé les bras et a finalement récupéré ses terres. Aujourd’hui ils ont la plus grande réserve s’étendant entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique, l’Utah, le Colorado dont la capitale est Window Rock m’a-t-elle dit. Ils ont leur propre gouvernement et économie moderne basée entre autres sur le tourisme, l’artisanat, la confection de bijoux en turquoise et argent, l’exploitation de gisements de pétrole et de minerais. Fait surprenant, elle m’a parlé de sommes d’argent venant du gouvernement des États-Unis. En faisant des recherches, il s’agit de la somme de 554 millions de dollars qui leur a été payé en 2014 à titre de réparation pour la mauvaise gestion de leurs terres. C’est un différent qui durait depuis plus de 50 ans. La patience et la persévérance paient toujours et c’est ici un bel exemple. Pour elle, son peuple viendrait d’Australie car il y aurait beaucoup de similitudes avec d’autres peuples de là bas par exemple dans leurs coutumes voir même l’utilisation de leur habitat traditionnel le Hogan. Leurs coutumes et croyances sont riches. Elle m’a appris que le ciel c’est la figure du père, la terre celle de la mère. Autre fait surprenant, ils ont des interdits alimentaires, les Navajos ne sont pas sensés manger de poissons, de fruits de mer ou tout ce qui vit ou a un rapport avec l’eau. C’est un tabou car ces êtres sont considérés comme sacrés pour ce peuple venant du désert où l’eau est très rare. Mais tiraillée entre modernité et tradition, ma chère Erlene adore mander les fruits de mer surtout le crabe et le saumon et son rêve serait de déménager à Seattle près de la mer. Mais un jour, elle s’est réveillée ne pouvant plus marcher et a été voir son Chaman. Celui-ci a pu la soigner mais lui a dit que cela venait du fait qu’elle avait bravé l’interdit et mangeait ces aliments sacrés. J’ai aussi appris mon premier mot Navajo : Ya’àt’héé qui veut dire bonjour. J’ai vraiment adoré discuter avec elle, ces quelques minutes d’échange valent tout l’or du monde! Cela m’a donné encore plus envie de découvrir plus en profondeur l’histoire de son peuple mais aussi la mienne, en connaître plus sur mes origines. Les rencontres en voyage ont vraiment le pouvoir de changer le cours d’une vie d’où l’importance pour moi de parler la langue du pays.

De retour sur la moto, le paysage qui défilait devant mes yeux était celui des films de western que je regardais étant enfant. De grandes étendues naturelles arides, de vastes plaines désertiques représentant le Far-West où l’homme et la nature sont en perpétuelle lutte. Petit détour obligé à El Rancho Hôtel à Gallup sur la route 66 avant de quitter le Nouveau-Mexique. Cet hôtel a accueilli pendant des années des stars de western en tournage à proximité comme John Wayne et même le futur Président des États-Unis : Ronald Reagan.image

Mon premier souvenir avec l’Arizona remonte à mes années collège. Je devais y faire un voyage linguistique à Tucson, mais le projet avait avorté. Mais cette fois-ci, m’y voici enfin. À peine arrivée dans cet état, que voici déjà un décor majestueux qui ne laisse pas indifférent. Il fallait impérativement que je m’arrête pour contempler Painted Cliffs à Lupton dans la réserve des Navajos. Aux pieds de cette falaise se trouve un centre Navajo où ils vendent des bijoux, accessoires, poteries et autres objets d’art. Une fan des pierres comme moi car croyant en leurs pouvoirs, ne pouvait que se laisser tenter par les bijoux en argent & turquoise.

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Ayant de nouveau changé de fuseau horaire en gagnant une heure de plus, ce facteur fut déterminant, car plus de temps, pour ce qui allait être la plus belle balade à moto que j’ai jamais faite de ma vie. Elle s’est déroulée dans le parc national Petrified Forest, s’étendant le long d’une route de 45 km. A chaque détour, chaque

courbe j’ai été est éblouie par la beauté des lieux. Des magnifiques canyons de terre rouge : image

Tiponi Point

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Tawa Pointimage

Kachina Point

Des montagnes avec des couleurs si chat

oyantes qu’on aurait dit qu’elles sont peintes. Le lieu mérite bien le nom de “Painted Desert”.

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Des vestiges de la route 66 qui coupait celle du parc.

imageMais pour moi, le moment le plus fabuleux de la balade fut la découverte des troncs d’arbre pétrifiés.

image imageCe fut extraordinaire de voir comment la nature a le pouvoir de transformer les choses. Difficile d’imaginer que dans ce décor actuel désertique, jadis s’étendait une forêt verdoyante dont le bois fossilisé, là juste devant mes yeux et à portée de main, est une preuve. Le bois qui est déjà une matière magnifique à été transformé, au cours de millions d’années, en une autre matière aussi magnifique qu’est la pierre.

image imageJe n’en reviens pas de toutes ces couleurs , ces textures, ces motifs. Le silence, qui régnait dans ces lieux m’ont apporté paix, joie et douceur. Tout simplement inoubliable.

De plus, le temps qui était nuageux jusque là a laissé place, au moment de sortir du parc, à un beau coucher de soleil. Rien de tel pour finir la journée en beauté.

Gain de miles Flying Blue du jour : + 160